Mythes et réalités – L’Europe des Dogmes et des Echecs

Ce Discours sur l’Etat de l’Union 2022 est symptomatique de l’état d’esprit qui règne au sein de l’Exécutif de l’Union Européenne car, ne l’oublions pas, la Commission Européenne n’a pas l’initiative des Lois et Décrets.

C’est le Conseil Européen qui prépare la « feuille de route » et écrit les lois que la Commission doit mettre en œuvre, même si, de temps en temps, cette dernière propose  ses projets de lois et décrets au Conseil Européen qui peut les refuser.

Cette feuille de route est décrite dans le Traité de Maastricht par les  formes de « pouvoirs » à qui sont attribuées à la Commission :  les « compétences exclusives », les « compétences partagées » et les  « compétences d’appui ». Evidemment, la présence des lobbyistes est constante au sein de l’Union Européenne et, donc, de plus en plus de « compétences » sont désormais passées dans le giron de la Commission au détriment des gouvernements nationaux (et donc des peuples).

Il y a une seule exception à la règle : « la » monnaie ainsi que toutes les réglementations bancaires et financières sont du ressort exclusif de la BCE qui dirige tout le Système Européen des Banques Centrales de l’UE-27.

Le Conseil et la Commission n’ont aucun droit de regard sur le volet le plus sensible de la stratégie économique des pays-membres puisque, chacun le sait, sans argent, il n’y a pas de politique. Autrement dit, cela ne sert pratiquement à rien d’aller voter : les financiers décident tout, pour nous, sans même nous consulter.

Par contre, la BCE et ses hauts fonctionnaires (les représentants des banques commerciales et des groupes d’assurance) assistent chaque mois aux réunions de l’Eurogroupe (ministres des finances) et aux réunions de Chefs d’Etat (premiers ministres ou chanceliers) qui sont invités à signer tous les documents qui sont des ordres d’exécution pour la Commission.

A contrario, la Finance ne veut pas que ses décisions soient « discutées » mais elle a obtenu une place de choix dans toutes les instances du Conseil Européen, notamment et surtout au sein de l’Eurogroupe.

C’est là que se décident les « grandes décisions » de renflouement des gros acteurs financiers de la bancassurance « en détresse » et donc par l’augmentation des dettes publiques nationales. Sans les aides étatiques, ils seraient tous tombés en faillite entre 1996 et 1998 et entre 2006 et2013.

Tous, y compris les banques centrales.

Ce billet sur « Le Discours de l’Union 2022 » décortique les mythes et les réalités de l’Union Européenne dont la Présidente n’est que la porte-parole et l’exécutante du Conseil, de la BCE et des nombreux lobbies. C’est donc Margrethe VERSTAGER, Executive Vice-President, qui de fait est la femme la plus puissante d’Europe (après la BCE) pour défendre le « principe fondateur » de Maastricht : la concurrence libre et non-faussée (mondialisation heureuse). La BCE ne se contente plus  de revendiquer « la monnaie unique » et « l’Indépendance totale des banques centrales », elle utilise l’Union Européenne pour nous endetter toujours plus.

Sans aucune honte ni aucun complexe, Madame von der LEYEN nous vend les « grandes valeurs démocratiques et sociales » de l’Union Européenne.