Le Marché des Autres Titres est le plus important Marché des Titres Financiers mais celui de la Zone Euro était pratiquement bien moins important que le marché américain de ce que les statistiques désignent par « outstanding » (ou titres en circulation »). Pour souligner la perfidie de ces « marchés de titres », il suffit de constater que seulement deux « bénéficiaires » en profitaient, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Zone Euro : ce sont les Etats (Gouvernements) et la Finance. Première remarque : les Financiers et toutes les instances internationales n’aiment pas les Etats (qu’ils veulent asservir et détruire) : ils parlent donc des gouvernements (qu’ils contrôlent facilement). Deuxième remarque : les entreprises (corporations) étaient des bénéficiaires très minoritaires sur ce marché mais leurs collectes nettes étaient cinq fois plus importantes aux Etats-Unis qu’en Zone Euro. Comme je le dis dans pratiquement tous mes livres et billets, si les Etats (ou gouvernements en langage financier) sont de plus en plus faibles, il y a bien une raison. En effet, les gouvernements ont accordé de plus en plus d’aides et de passe-droit à la haute finance et à ses affidés, les grandes entreprises. Celles-ci sont télécommandées par les banques, les groupes d’assurance et les « fonds de pension » privés qui occupent une place privilégiée dans tous les conseils d’administration. Les conseils d’administration désignent le président et le directeur général, chargés de trouver dans ces entreprises toutes sortes de moyens pour enrichir les actionnaires de référence. Les cours de bourse doivent attirer les petits poissons qui se partagent quelques restes, laissés par les gros actionnaires qui ont été bien informés par les directions générales mises en place Pour mémoire, un passe-droit est défini comme : « une faveur accordée illégalement ». Oui, nos gouvernements sont complices. Vous voyez ce que je veux dire ? Un bien volé (même depuis très longtemps) n’est jamais « un bien privé inaliénable ». Lire l’article sur Google drive RAPPEL. Après un premier article, intitulé : « Partie I : chiffrage des Marchés Financiers (réactualisé en juin 2017) », nous avions chiffré l’ensemble des marchés financiers sous-jacents à près de 24.250 milliards d’euros à fin 2016 et nous avions relevé que la Bourse était finalement le marché financier le plus petit, et le plus commenté. Le deuxième article, intitulé : « Partie II : la Bourse », nous a permis de relever quatre anomales flagrantes : Chaque jour, la Haute Finance brasse plus de deux cents milliards d’euros sur l’ensemble des places boursières de la zone euro en « remuant » sans cesse un stock d’actions existantes. Sur une seule année, la fluctuation des cours peut conduire à valoriser ou à dévaloriser l’ensemble des actions de plus de 3.000 milliards d’euros mais, à peu de choses près, les mêmes entreprises sont toujours là, avec les mêmes outils de recherche, de production, de vente et de distribution des mêmes produits et services. En tout cas, si quelque chose change pour une entreprise bien précise, ce n’est pas grâce à la Bourse mais à cause de la Bourse car, pour lever des capitaux ultérieurement, cette entreprise est obligée d’offrir des dividendes élevés, et donc de sélectionner des investissements très rentables. Sélectionner les projets d’investissement les plus rentables, cela veut dire « rejeter » tous ceux qui n’offrent pas des retours sur investissement de plus de quinze pour-cent (15%) chaque année. De cette manière, la Haute Finance nous prive d’investissements normaux, rentables et sûrs, et donc elle nous prive d’emplois et de salaires valorisants sur le sol national, délocalisations obligent. Bien sûr, il y a des augmentations de capital en Bourse (pour les entreprises, ou corporations) mais, d’une part, elles sont faibles (moins de 200 MD€ en neuf ans, depuis fin 2007) et, d’autre part, la Haute Finance a capté pratiquement le double (367 MD€) de ces émissions nouvelles pour se renflouer suite à ses erreurs « fatales » de gestion. Erreurs fatales pour les citoyens qui les ont renfloués mais pas pour les dirigeants « irresponsables »… La partie III va donc s’intéresser au Marché des Autres Titres Financiers (autres que des actions). D’un seul coup, nous changeons d’échelle, et nous entrons dans le monde du silence (personne n’en parle jamais). QUELQUES CHIFFRES A L’ECHELLE DU MONDE En bref, TROIS INTERVENANTS (USA, EURO AREA, JAPAN) avaient émis à eux seuls 73 TUS$ ou 73% des Titres de Dettes en circulation dans le Monde à fin 2016 (100 mille milliards de dollars, ou 100 TUS$). Or, ces intervenants représentent seulement 10% de la population mondiale (726 millions sur 7.300 millions d’habitants), et ils ont créé une montagne de dettes qui représente entre 1,7 année à 2,7 années de leur Produit Intérieur Brut respectif. Problème ? Ils ont pratiquement hypothéqué la moitié (45,2%) du Produit Intérieur Brut (33,9 TUS$) de l’ensemble du Monde (75 TUS$). Questions : Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils créé et développé ces marchés ? Pour la bonne cause ? Pour construire ou pour détruire ? POUR COMPARAISON : MARCHES DES AUTRES TITRES AUX ETATS – UNIS (EN MD$) LE MARCHE DES « AUTRES TITRES » EN ZONE EURO : LES CHIFFRES-CLE A FIN 2016. Le premier marché de capitaux (en masse), ce n’est pas la Bourse mais le Marché des Autres Titres (autres que des Actions). Il est désigné comme « Marché des Autres Titres » car les variantes de ces « titres de dette » sont multiples : en euros, en devises, à court terme et à long terme, en Bons du Trésor, en Bons Assimilables au Trésor, en obligations, en obligations convertibles… Pour simplifier les analyses, ces deux « petits » graphiques « préliminaires » suffisent à entrer dans le débat : c’est un marché gigantesque. A fin décembre 2016, le total des émissions en circulation (outstanding) en Zone Euro était de 17.548,1 MD€ (tous émetteurs, résidents ou pas, et toutes devises confondues) : ± 45% du « Marché » américain (41.005 MDUS$). La complexité et la masse de ces Marchés des Titres de Dettes émis en Zone Euro sont considérables : il faut donc « rentrer » dans le détail pour en comprendre les évolutions et les caractéristiques mais, pour chiffrer et analyser les évolutions, il faut effectuer des recherches et des questionnements de plusieurs heures dans les bases de données (démesurées) de la Banque des Règlements Internationaux (BRI-BIS) et d’EUROSTAT-ECB. Comme